Dans le métier d'enseignant, ce qui nous épuise souvent… ce ne sont pas les élèves ou les tâches en elles-mêmes, mais la relation.
La relation avec les élèves, les collègues, les parents. Des malentendus, des tensions, des attentes implicites, des non-dits, etc. peuvent survenir et prendre beaucoup d'énergie.
On nous forme rarement à communiquer et on se retrouve dans un mode réactif.
Dans cette capsule, je vous propose deux clés, issues de l'univers du coaching et de la communication bienveillante, pour fluidifier les relations et poser un cadre plus serein.
La première clé est celle de la métacommunication. Métacommuniquer, c'est prendre un petit temps pour parler… non pas du fond, mais de la manière dont on communique. C'est parler de la façon dont on est en train de se parler.
Je m'explique, voici un exemple :
"Je vois qu'on ne se comprend pas bien. Est-ce qu'on peut clarifier ce qu'on attend l'un de l'autre ?"
Voici un deuxième exemple :
"J'ai l'impression que le ton monte. Est-ce qu'on peut poser le cadre avant de continuer ?"
Ça peut paraître inconfortable au début, mais c'est souvent ce qui permet de désamorcer un conflit ou un malentendu avant qu'il ne s'envenime.
Comme deuxième clé, je vous propose ici une grille qui vient de la communication non-violente ou CNV. La CNV est une approche qui a été développée par le psychologue américain Marshall Rosenberg. Elle vise à créer des échanges plus authentiques et plus respectueux, même dans des situations tendues. L'idée n'est pas d'éviter le conflit, mais de le traverser sans agressivité, en clarifiant ce qu'on ressent, ce dont on a besoin et ce qu'on demande à l'autre.
Voici les 4 éléments de la grille qui se résume avec les 4 lettres OSBD :
Une manière d'illustrer les 4 éléments est sous forme de bonhomme :
Cette demande est une porte ouverte à la négociation et une ouverture au dialogue.
Pour illustrer, voici un exemple concret de formulation qui suit la grille. Imaginez que vous discutez avec un collègue et que c'est la 3ème fois qu'il vous coupe la parole. Au lieu de dire « Tu permets que je finisse ? » d'un ton un peu brusque car vous êtes agacé, on peut dire :
« Je vois que tu interviens pendant que je parle (observation), je me sens agacée (sentiment), parce que j'ai besoin d'exprimer mon idée dans son entier pour garder le fil (besoin). Est-ce que tu peux attendre que je termine avant de parler ? (demande) »
On peut utiliser cette grille avec un collègue, avec un élève… ou même avec soi-même, pour clarifier ce qu'on vit.
Cela peut sembler long à exprimer et cela nécessite un peu d'entraînement. L'avoir en tête permet d'avoir un repère intérieur. Au début, on peut mettre par écrit la phrase lorsqu'on prépare une entrevue avec un parent d'élève ou lorsqu'on aimerait revenir sur une situation avec un collègue.
Je vous propose dans la prochaine capsule un petit exercice pour vous entraîner à utiliser ces deux approches dans des situations concrètes du quotidien.